C’est à Linz queSarah Washington, Knut Aufermann, DinahBird et moi rejoignons l’équipage European Sound Delta. La troisième ville Autrichienne est dévouée à l’art numérique pour le sacrosaint Ars Electronica et ses remises de prix, les dits « Golden Nicas ». L’édition 2008 en déçoit certains, à laquelle répond la plaisanterie locale : « Ars Electronica » pourvoit ses « Golden Nickers ».

On y est à quai face au bureau de la manifestation. Nous sommes impatient de voguer, mais il nous faut attendre le gasoil. Tôt le mardi matin, on fait le plein ; pas comme le tout a chacun qui va à la pompe, mais dans le cas présent, c’est un bateau fuel qui vient à nous. On fait un plein de 2000 Euros… Et on y go. Trois cent cinquante kilomètres à tenir en remontant le Danube jusqu’à Nuremberg, notre destination finale.

A bord, on fait peau neuve… Bateau lavé, javellisé dans tous les coins. Notre premier travail n’a donc rien à voir avec la musique ou les art sonores. On devient tous chefs nettoyeurs. Vincent, Philippe, Eve qui sont à bord depuis le début du voyage, mettent les deux mains à la pate. On repart à huit résidents, plus deux hommes d’équipage, dans un bateau « assaini ».

Au fur et a mesure que nous grimpons le fleuve, il se rétréci. Nous quittons L’Autriche, patrie du « Beau Danube Bleu » que composa en son temps Johann Strauss, pour franchir l’Allemagne… frontière invisible à nos yeux, mais dont prend fort déontologiquement conscience, Michel, notre capitaine, qui change le drapeau de proue aux profit des couleurs locales, alors que celui de poupe reste celui de l’origine de notre « Ange Gabriel », la Belgique.

A bord, on dompte le navire et ses bruits. Les drones redondants que produit le moteur procurent un doux plaisir hypnotique. En cabine, on sieste à l ‘écoute de ses bourdonnements étouffés. Les modulations continus du moteur se donnent à entendre comme un chœur grave dès les premières écluses que nous abordons. Elles nous donnent une idées de ce que va devenir notre projet quand nous seront plus en amont… mais… nous n’y sommes pas encore. On teste le matériel embarqué : un attirail de bric et broc d’électronique lo-fi fabriqué par Knut et Sarah, de notre coté, deux puissants mégaphones, des baguettes, un sifflet, un harmonica, et des micros en tout genre. Megaphone_instru_table