Les microphones sont ici les instruments principaux. Avec un set de deux microphones à longues portée (des Sennheiser MKH 70), on enregistre deux sources distinctes de la même réverbération. L’un est dirigé en proue du navire et vise donc la porte de sortie lointaine d’une soixantaine de mètres, l’autre, est à flanc et enregistre la réverbération latérale plus proche. D’autres micros de proximité captent un point précis, et nous donnent des informations sonores plus sèches que l’on est libre, dans notre jeu musical, d’inclure ou pas dans la chaine de la convolution. Ainsi Knut impulse des bruits électroniques à la façon d’un sonar métronomique, Sarah compose des fréquence pures avec un assortiment de boitiers électriques, Dinah récitent au megaphone quelques une de ses Yellow Sticky Thoughts —ses pensées post-it— recueillies à la façon d’un livre de bord aléatoire durant notre périple, pour ma part, je m’empare du deuxieme mégaphone, usant de bouche, cliquetis dentale et borborygmes en réglant les modulations de sortie jusqu’à l’extrême limite du larsen. Ainsi, chaque écluse donne lieu à un rituel sonore pendant une quinzaine de minutes. Mais aucune d’elles ne se dévoilent avant qu’on y pénètre, elles se jouent de nous comme on joue d’elles.

DinahBird (voix_microphones) et Jean-Philippe Renoult (megaphone_microphone) improvisent dans une écluse :

European Sound Delta esxrtact
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